Une fois le problème réglé
 
Nous sommes le résultat de notre passé.
 
On ne change pas le passé.
 
Si l'on considère une difficulté affective comme le fait de trainer un boulet, en sortir peut se traduire par "déposer ses valises". Pour autant, si le problème est résolu, il peut parfois rester des séquelles, car, symboliquement parlant, à porter ces poids on s'est abîmé le dos. Ces cicatrices sont là, inchangeables, définitives. Mais on peut apprendre à vivre avec. De vouloir résorber ces cicatrices serait comme de vouloir faire repousser un bras que l'on aurait coupé.
 
Par contre, cette spécificité de la personne peut, si on sait s'en servir, l'aider et non lui nuire. Telle sera la démarche proposée : transmuter un handicap en un atout majeur, lequel nous permettra de vivre au mieux.
 
La question est alors :
 
comment vivre avec ses séquelles ?
 
En fait, il semble que ce soit souvent une fausse question. Le mot séquelles signifie implicitement un jugement assez négatif. L'expérience semble bien nous montrer, à l'inverse, que de toute difficulté on sort grandi. Enfin... Une fois qu'on en est sorti, bien évidemment !
Les séquelles sont donc une vision tronquée de notre expérience de vie.
 
Pour  illustrer  ce  principe,
prenons l'exemple d'une maison en construction. D'abord les fondations, puis des échafaudages. On construit ensuite la maison grâce à ces échafaudages, qu'enfin il faudra supprimer.
 
Cet échafaudage peut par exemple être un fort manque de confiance en soi. Ce manque va alors nous pousser vers des évitements, des moyens détournés, et d'autres manières   de   faire   pour
parvenir à ses fins. Toutes ces autres manières de faire, c'est cette maison que nous construisons sans nous en apercevoir. C'est un capital que nous avons produit, le plus souvent à notre insu.
 
Sortir de ce manque de confiance, c'est comme enlever les échafaudages. On se découvre alors des aptitudes nouvelles. Il peut s'agir   par   exemple   d'un regard  sur  le  monde,  ou
d'une compréhension de son propre fonctionnement. Aussi, lorsque l'on se demande comment vivre avec ses séquelles, c'est le plus souvent que l'on n'a pas pris conscience de cette construction, de ces aptitudes dont nous disposons désormais. Il est vrai aussi que, tellement braqué sur la disparition du symptôme, on n'est parfois pas très disponible pour observer quoi que ce soit d'autre...
 
Ces "séquelles" sont presque systématiquement de
nouvelles aptitudes encore insoupçonnées...